La pastèque marocaine rapporte 94 millions de dollars

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La pastèque marocaine a maintenu une présence importante sur les marchés internationaux en 2024, malgré le recul de la production nationale et les restrictions imposées à cette culture dans plusieurs territoires en raison de la pression croissante sur les ressources hydriques.

Selon les données de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAOSTAT), le Maroc a produit 339.454 tonnes de pastèques en 2024, contre 462.720 tonnes en 2023. Le volume a ainsi diminué de 26,6% en un an.

Cette contraction n’a pas empêché les opérateurs marocains de poursuivre leurs exportations. Le Royaume a expédié 113.683 tonnes vers les marchés étrangers, pour une valeur de 94,04 millions de dollars, selon les données de la plateforme des Nations unies sur le commerce international UN Comtrade.

Les volumes exportés représentent près du tiers de la production nationale enregistrée durant la même année. Une proportion qui confirme le poids pris par les débouchés internationaux dans la filière marocaine de la pastèque.

La France parmi les principaux débouchés

La valeur moyenne déclarée des exportations marocaines s’est établie à environ 0,83 dollar le kilogramme.

La filière bénéficie de la proximité du Maroc avec les marchés européens, du développement des services de conditionnement, de transport et de réfrigération, ainsi que de la capacité des exportateurs à respecter les exigences commerciales et sanitaires de l’Union européenne.

La France figure parmi les principales destinations de la pastèque marocaine. Ce marché est soutenu par une consommation estivale importante et par la proximité géographique, qui permet d’acheminer rapidement les produits frais.

Les 94 millions de dollars ne correspondent toutefois pas aux bénéfices nets perçus par les agriculteurs. Ce montant représente la valeur globale des exportations déclarée aux douanes.

Il inclut les coûts de production, d’irrigation, de main-d’œuvre, de conditionnement, de transport, de réfrigération et de commercialisation, ainsi que les marges des différents intervenants de la chaîne.

Malgré cette performance, la valeur des exportations marocaines de pastèques a reculé de 48,2% par rapport à 2023. Cette baisse résulte notamment de la diminution de la production et des restrictions appliquées à l’extension des superficies cultivées dans plusieurs provinces.

Une valeur économique confrontée au coût hydrique

Ces résultats replacent la pastèque au centre du débat national sur l’équilibre entre la rentabilité des exportations agricoles et la préservation des ressources en eau, particulièrement dans les zones où la production repose sur les nappes souterraines.

La succession des années de sécheresse et la baisse des réserves ont conduit plusieurs autorités locales à limiter les superficies autorisées ou à interdire cette culture dans certains territoires. L’objectif est de préserver les ressources destinées à l’eau potable et aux cultures jugées prioritaires.

Les statistiques de production et d’exportation ne permettent pas de déterminer le volume d’eau utilisé par la filière ni de calculer la valeur générée par chaque mètre cube consommé.

Les besoins en irrigation varient selon le climat, la nature des sols, les techniques employées et la période de culture. L’exportation d’environ un tiers de la récolte nationale soulève néanmoins la question de l’affectation de l’eau agricole, alors que le secteur concentre la majorité des prélèvements d’eau douce au Maroc.

Mesurer la rentabilité de chaque mètre cube

L’évaluation de la filière ne peut plus reposer uniquement sur les volumes produits ou la valeur des exportations. Elle doit également intégrer sa rentabilité hydrique et sociale, le nombre d’emplois créés, les revenus des agriculteurs et la part de la valeur ajoutée conservée dans les territoires de production.

Le principal défi consiste à maintenir la compétitivité des exportations agricoles marocaines sans aggraver la pression sur les ressources naturelles.

Cette orientation passe par la généralisation des techniques d’irrigation économes, un contrôle renforcé des prélèvements dans les nappes souterraines et une adaptation des cultures aux capacités hydriques réelles de chaque territoire.

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