Le Maroc reprend ses achats de blé russe

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Le Maroc a repris ses importations de blé russe avec la réception de 30.000 tonnes entre le 1er et le 10 août, selon les données de l’Union russe des »céréales (RZS), relayées par l’agence «Interfax.

Le Royaume figure parmi les marchés revenus vers le blé russe après n’avoir enregistré aucun achat durant la même période de la campagne précédente. Cette reprise concerne également l’Indonésie, avec 66.000 tonnes, le Yémen, avec 53.700 tonnes, et le Venezuela, avec 36.000 tonnes.

«Ces pays reviennent acheter du blé russe», a indiqué Elena Tiurina, directrice du département analytique de la RZS, dans un contexte marqué par un ralentissement notable des exportations céréalières de la Russie.

Une cargaison estimée à 6,7 millions de dollars

La cargaison destinée au Maroc représente environ 3,7% des 801.500 tonnes de blé exportées par la Russie durant les dix premiers jours d’août.

Sur la base du prix indicatif de 224 dollars la tonne au port de Novorossiïsk, sa valeur est estimée à près de 6,7 millions de dollars au départ du port. Ce montant n’inclut pas les coûts de transport, d’assurance et les autres frais commerciaux.

Le retour du Maroc sur le marché russe intervient dans un contexte particulièrement favorable en matière de prix. Le blé russe était commercialisé 38 dollars moins cher que son concurrent européen, contre un écart de seulement cinq dollars à la même période de l’année précédente.

À Novorossiïsk, son prix a diminué de trois dollars en dix jours pour s’établir à 224 dollars la tonne. Depuis le début de la campagne agricole en juillet, le recul atteint huit dollars.

Le blé européen s’est maintenu autour de 262 dollars la tonne. Le prix du blé américain a, pour sa part, augmenté de six dollars pour atteindre 270 dollars, soutenu par l’amélioration des exportations et de la demande.

Les exportations russes en repli

Malgré cet avantage tarifaire, les exportations russes des principales céréales ont chuté de 22,2% sur un an entre le 1er et le 10 août, pour s’établir à 976.400 tonnes.

Les expéditions de blé ont diminué de 18,1%, à 801.500 tonnes, tandis que celles d’orge ont reculé de 30%, à 146.500 tonnes. Les exportations de maïs ont été divisées par près de 2,4, pour tomber à 28.300 tonnes.

La gamme des produits exportés s’est également fortement contractée. La Russie n’a expédié que trois céréales durant cette période — le blé, l’orge et le maïs — contre 14 produits un an auparavant.

Le nombre de destinations du blé russe est passé de 19 à 12 pays. L’Égypte est restée le premier débouché avec 233.600 tonnes, en hausse de 4,3%. Les ventes à destination du Sri Lanka ont été multipliées par près de 17, atteignant 77.000 tonnes, tandis que celles vers le Bangladesh ont progressé de 3,4 fois, à 50.300 tonnes.

À l’inverse, aucune cargaison n’a été expédiée vers la Turquie au début du mois d’août. Les exportations vers le Nigeria ont baissé de 43%, à 52.200 tonnes.

Moins d’exportateurs et de ports mobilisés

Le ralentissement s’est accompagné d’une forte concentration des opérations. Seules 11 entreprises ont exporté du blé durant les dix premiers jours d’août, contre 27 un an plus tôt.

Les expéditions de céréales et de légumineuses ont transité par huit ports, contre 29 durant la même période de la campagne précédente. Le port de Novorossiïsk a toutefois enregistré une hausse de 12% de ses volumes, à 775.300 tonnes. Ceux du port de Touapsé ont été multipliés par 4,5, atteignant 122.700 tonnes.

Cette baisse prolonge la tendance observée en juillet. Les exportations russes de céréales et de légumineuses ont atteint environ deux millions de tonnes, contre 3,2 millions un an auparavant et une moyenne de 4,3 millions au cours des sept dernières années.

Pour le seul blé, les expéditions de juillet se sont limitées à 1,8 million de tonnes, contre une moyenne de 3,4 millions durant le même mois au cours des sept dernières années.

Des pressions sur la filière russe

Selon Elena Tiurina, la persistance des tensions géopolitiques pourrait continuer de peser sur les exportations russes, malgré la compétitivité des prix.

La faiblesse de la demande extérieure affecte aussi le marché intérieur. Les prix versés aux producteurs ont reculé de 2,5% en dix jours, passant de 12.200 à 11.900 roubles la tonne. Exprimée en dollars, la baisse atteint 6,2%, avec un prix ramené à environ 144 dollars la tonne.

La responsable avertit qu’une poursuite de cette tendance pourrait dégrader la rentabilité de la culture du blé et conduire les agriculteurs russes à réduire les superficies qui lui sont consacrées.

Le département américain de l’Agriculture a par ailleurs abaissé à 46 millions de tonnes sa prévision des exportations russes de blé pour la campagne 2026-2027. Une révision qui confirme les pressions exercées sur le secteur, malgré son avantage sur les marchés internationaux en matière de prix.

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