Le Maroc franchit une nouvelle étape dans le renforcement de sa sécurité hydrique. Un décret gouvernemental autorise OCP Green Water, filiale du Groupe OCP, à créer deux sociétés spécialisées dans le dessalement de l’eau de mer et son transport, pour une capacité totale prévisionnelle de 410 millions de mètres cubes par an.
Le décret n° 2.26.547, adopté le 23 juillet 2026 et publié au Bulletin officiel n° 7531 du 3 août 2026, prévoit la création de deux filiales chargées de gérer des projets de dessalement dans les régions centrales et septentrionales du Royaume.
Le premier projet couvrira Safi, Youssoufia, Benguerir et Marrakech, avec une capacité de production pouvant atteindre 195 millions de mètres cubes par an. Le second desservira Jorf Lasfar, El Jadida, Casablanca et Khouribga, pour une capacité annuelle de 215 millions de mètres cubes.
Industrie, eau potable et irrigation
Les volumes produits ne seront pas exclusivement destinés à couvrir les besoins industriels du Groupe OCP. Ils serviront également à approvisionner les populations des territoires concernés en eau potable et à fournir de l’eau d’irrigation au secteur agricole.
Ces infrastructures devraient réduire la pression exercée sur les eaux superficielles et souterraines. Elles contribueront aussi à assurer la continuité des activités industrielles et agricoles, notamment à Jorf Lasfar, Safi et Khouribga, qui abritent d’importantes plateformes du Groupe OCP.
Le projet intervient dans un contexte marqué par une pression croissante sur les ressources hydriques conventionnelles, sous l’effet de la succession des années de sécheresse et du changement climatique. Le Maroc accélère ainsi le recours au dessalement, une ressource moins dépendante des précipitations.
Réduire la dépendance aux ressources conventionnelles
La création de ces deux sociétés s’inscrit dans la stratégie du Groupe OCP visant à sécuriser ses besoins en eau et à réduire progressivement sa dépendance aux ressources conventionnelles.
Cette orientation doit renforcer la durabilité de la production de phosphate et d’engrais, tout en limitant l’exposition des activités industrielles aux fluctuations de la situation hydrique nationale.
Les deux projets prévoient également l’intégration des énergies renouvelables dans le processus de production de l’eau dessalée. L’objectif est de réduire les coûts énergétiques et l’empreinte carbone des installations, en cohérence avec les ambitions du Maroc dans les industries propres et l’hydrogène vert.
Une nouvelle organisation pour mobiliser les financements
L’opération prévoit la restructuration des actifs liés au dessalement et au transport de l’eau au sein de deux entités indépendantes. Cette organisation vise à améliorer la gouvernance, à renforcer la transparence financière et à faciliter la mobilisation des financements.
Elle devrait également favoriser la conclusion de partenariats avec des opérateurs publics et des investisseurs privés.
Le conseil d’administration du Groupe OCP avait approuvé l’opération le 11 mars 2025. Celui d’OCP Green Water lui avait ensuite donné son aval le 11 février 2026.
L’autorisation gouvernementale a été accordée après consultation de l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État et de suivi des performances des établissements et entreprises publics, sur proposition de la ministre de l’Économie et des Finances.
Avec une capacité cumulée de 410 millions de mètres cubes par an, ces deux projets renforcent la place du dessalement dans la politique hydrique nationale. Ils associent trois priorités majeures : sécuriser les besoins de l’industrie, approvisionner les populations en eau potable et soutenir l’irrigation agricole.
