La crise du détroit d’Ormuz a entraîné pour le Maroc un surcoût estimé à 2,2 milliards de dollars sur ses importations de pétrole et de gaz entre mars et août 2026. Le Royaume se classe ainsi au troisième rang des pays africains les plus affectés par la hausse des prix de l’énergie, derrière l’Égypte et l’Afrique du Sud.
Selon les données du Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA), les importations de gasoil représentent l’essentiel de cette charge supplémentaire. Elles ont généré à elles seules un surcoût d’environ 1,8 milliard de dollars, soit plus de 81 % du montant total supporté par le Maroc durant les six mois étudiés.
Ces chiffres illustrent la forte exposition de l’économie marocaine aux fluctuations des marchés énergétiques internationaux. Le Royaume reste largement dépendant des importations pour couvrir ses besoins en produits pétroliers, notamment en gasoil, carburant essentiel au transport routier, à l’agriculture, à l’industrie et aux activités logistiques.
La hausse des cours internationaux ne se limite donc pas à alourdir la balance énergétique du pays. Elle se répercute également sur les coûts de production et de transport, avec un risque de transmission aux prix intérieurs et aux dépenses publiques mobilisées pour préserver le pouvoir d’achat.
Cette flambée des prix est intervenue après le déclenchement de la crise du détroit d’Ormuz, dans le sillage des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran à la fin de février 2026. Les perturbations affectant les flux énergétiques ont provoqué une progression des prix du pétrole brut, des produits raffinés et du gaz naturel liquéfié.
À l’échelle africaine, 32 pays importateurs d’énergie ont supporté un surcoût cumulé de 21,9 milliards de dollars entre mars et août 2026. Ce montant représente environ 6,6 % de l’augmentation enregistrée au niveau mondial.
À l’inverse, neuf pays africains exportateurs de combustibles fossiles ont bénéficié de recettes supplémentaires estimées à 21,6 milliards de dollars. Le bilan net pour le continent ressort ainsi à une charge d’environ 300 millions de dollars.
L’Égypte arrive en tête des pays africains les plus touchés, avec une facture supplémentaire de 5,2 milliards de dollars. Elle est suivie par l’Afrique du Sud, avec 3,5 milliards, puis par le Maroc, avec 2,2 milliards.
La Tanzanie occupe la quatrième position avec un surcoût de 2,1 milliards de dollars, devant le Kenya, qui a supporté 1,7 milliard, et le Mozambique, avec 1,2 milliard. La facture supplémentaire s’élève également à un milliard de dollars pour Djibouti, à 900 millions pour la Côte d’Ivoire et à 700 millions pour le Sénégal. Les 23 autres pays concernés se partagent un surcoût global de 3,4 milliards de dollars.
