Casablanca franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de gestion durable des déchets. Le consortium réunissant «Kanadevia Inova», «Nareva» et «Itochu» a officiellement signé le contrat de concession avec la Commune de Casablanca, ainsi que les conventions d’achat de l’électricité avec la «Société Régionale Multiservices Casablanca-Settat» (SRM) et «l’Office national de l’électricité et de l’eau potable» (ONEE).
Cette signature marque l’entrée en phase opérationnelle du premier complexe intégré de valorisation énergétique des déchets ménagers au Maroc.
Après la finalisation des accords contractuels, les partenaires entament les premières opérations du projet, notamment les travaux d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction (EPC), prélude au démarrage effectif du chantier.
Prévu pour une durée de concession de 33,5 ans, le complexe assurera le traitement exclusif des déchets ménagers produits par le Grand Casablanca, une métropole de plus de 4,2 millions d’habitants. L’installation affichera une capacité de traitement d’environ 1,5 million de tonnes de déchets par an, avec un taux de valorisation pouvant atteindre 80 %, réduisant fortement le recours à la mise en décharge.
Ce projet constitue une avancée majeure pour le Maroc, qui entend accélérer le développement de l’économie circulaire tout en améliorant la performance environnementale de ses grandes agglomérations.
Une nouvelle capacité de production d’électricité
L’usine combinera plusieurs sources de production énergétique. Elle disposera d’une capacité installée d’environ 126 MW alimentée par la valorisation des déchets, complétée par une centrale solaire photovoltaïque de 50 MWc ainsi qu’un système de récupération du biogaz de décharge d’une puissance de 4 MW.
Selon les estimations, la production annuelle atteindra près d’un térawattheure (1 TWh) d’électricité, soit l’équivalent de la consommation d’environ un million d’habitants. Cette nouvelle capacité contribuera à accompagner la croissance de la demande nationale en électricité tout en renforçant la diversification du mix énergétique marocain.
Un impact environnemental et socio-économique significatif
Implantée à proximité de la décharge de Médiouna, identifiée parmi les plus importantes sources d’émissions de méthane en Afrique, la future installation vise à réduire sensiblement les émissions de gaz à effet de serre grâce au remplacement progressif de l’enfouissement par la valorisation énergétique.
Au-delà de son apport environnemental, le projet devrait générer des retombées économiques importantes. La phase de construction mobilisera près de 1 240 travailleurs pendant environ trois ans et demi, auxquels s’ajouteront quelque 300 emplois liés aux infrastructures annexes. Une fois mise en service, l’installation créera environ 140 emplois qualifiés pour son exploitation et sa maintenance.
L’usine intégrera également trois lignes de combustion de grande capacité, des systèmes de traitement des fumées conformes aux normes environnementales européennes les plus exigeantes, ainsi qu’une architecture compatible avec de futures solutions de captage du carbone.
Un partenariat international au service de l’innovation
Le projet s’appuie sur un partenariat réunissant des acteurs complémentaires. Nareva intervient en tant qu’investisseur principal et partenaire marocain, Itochu apporte son expertise industrielle internationale, tandis que Kanadevia Inova assure l’ingénierie, l’approvisionnement, la construction, l’assistance à l’exploitation, la maintenance de long terme ainsi qu’une partie du financement.
Par son ampleur et son positionnement technologique, cette infrastructure s’inscrit parmi les projets les plus structurants engagés au Maroc dans les domaines de la gestion des déchets, de la production d’énergie renouvelable et de la décarbonation, tout en renforçant les ambitions du Royaume en matière de transition énergétique et de développement durable.
