Greenpeace» appelle le Maroc à démocratiser l’autoproduction renouvelable«

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Greenpeace Moyen-Orient et Afrique du Nord appelle le Maroc à élargir l’accès à la production d’énergies renouvelables aux ménages, aux agriculteurs, aux coopératives et aux petites entreprises. L’organisation estime que le Royaume gagnerait à dépasser le modèle reposant principalement sur les grands projets afin de faire bénéficier un plus grand nombre de citoyens de la transition énergétique.

Dans une analyse publiée le 15 septembre, Greenpeace recommande de réviser la loi 82.21 relative à l’autoproduction d’énergie électrique. Selon l’organisation, le cadre juridique ne devrait pas se limiter à réglementer cette activité, mais devrait également l’encourager, notamment en facilitant la vente de l’électricité excédentaire injectée dans le réseau.

Greenpeace conteste particulièrement la règle limitant à 20% la part annuelle du surplus pouvant être vendue. Elle considère que ce plafond peut conduire à l’injection d’une quantité d’électricité propre dans le réseau sans indemnisation intégrale de l’autoproducteur.

L’organisation préconise ainsi la suppression de ce seuil et la rémunération de la totalité de l’électricité fournie au réseau. Elle plaide également pour l’instauration d’un tarif équitable et transparent, susceptible d’assurer des revenus prévisibles aux producteurs et de faciliter le financement des installations solaires.

Parmi ses autres recommandations figurent le relèvement du seuil de 11 kilowatts, au-delà duquel les projets sont soumis à des procédures plus complexes, ainsi que la simplification des démarches de raccordement au réseau. Greenpeace propose également de confier l’examen des demandes à une instance indépendante.

L’organisation appelle en outre à mettre en place des sanctions proportionnées et à clarifier les dispositions relatives au stockage de l’électricité, aux compteurs intelligents et aux flux bidirectionnels entre les installations des autoproducteurs et le réseau.

Greenpeace relève qu’en 2024, les énergies renouvelables représentaient 45% de la capacité électrique installée au Maroc, mais seulement 27% de la production d’électricité. Elle estime qu’une réforme du cadre de l’autoproduction pourrait aider le Royaume à atteindre son objectif de 52% de capacité renouvelable à l’horizon 2030.

Une telle évolution contribuerait également, selon l’organisation, à réduire la dépendance du Maroc aux combustibles fossiles importés, à stimuler les investissements décentralisés et à créer des emplois locaux.

Greenpeace considère enfin que l’élargissement de l’autoproduction permettrait de construire une transition énergétique plus équitable, dont les avantages économiques et environnementaux seraient partagés entre davantage de ménages, d’agriculteurs, de coopératives et de petites entreprises.

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