Le Maroc s’est hissé au premier rang africain des importateurs de motos et scooters électriques fabriqués en Chine au cours du premier semestre 2026. Cette performance témoigne de l’intérêt croissant des Marocains pour les nouvelles solutions de mobilité électrique en milieu urbain.
Selon un rapport de l’agence Associated Press, le Royaume a importé 80 188 motos et scooters électriques durant les six premiers mois de l’année, pour une valeur globale de 21,7 millions de dollars, devançant ainsi l’Égypte et l’Algérie.
Cette évolution s’inscrit dans une forte progression des importations africaines de deux-roues électriques et de tricycles chinois, dont la valeur a augmenté de 60 % au cours de la même période, pour atteindre 114,6 millions de dollars.
Les données du commerce extérieur chinois montrent que l’Afrique du Nord, avec le Maroc en tête, devient un marché privilégié pour les scooters et motos électriques entièrement assemblés. Ces véhicules sont principalement acquis par des particuliers pour les déplacements quotidiens et les trajets de courte distance.
Cette dynamique traduit la recherche de moyens de transport pratiques et moins coûteux à l’usage, notamment dans les villes confrontées à la congestion routière et à l’augmentation des dépenses liées au carburant et aux déplacements.
La diffusion de ces véhicules pourrait également contribuer au développement d’une mobilité plus propre et à la réduction des émissions polluantes. Cette transition demeure toutefois tributaire du déploiement d’infrastructures de recharge et de l’adoption de normes claires en matière de sécurité, de qualité des batteries et de service après-vente.
Le modèle nord-africain se distingue de celui observé en Afrique de l’Est et de l’Ouest. Dans ces régions, les motos électriques sont davantage utilisées à des fins professionnelles, notamment pour le transport de passagers et la livraison de marchandises, avec le développement d’unités d’assemblage locales et de réseaux d’échange de batteries.
Peter Kosakowski, expert indépendant en mobilité électrique, souligne toutefois que les statistiques douanières chinoises comptabilisent les véhicules importés dans chaque pays, sans nécessairement indiquer le nombre d’unités effectivement immatriculées ou mises en circulation.
Le leadership marocain reflète donc l’ampleur de la demande commerciale, mais ne permet pas à lui seul de déterminer le nombre réel de motos et scooters électriques circulant sur les routes nationales.
Ces chiffres confirment néanmoins l’expansion du marché marocain de la mobilité électrique légère. Cette croissance appelle un encadrement renforcé des conditions d’importation et d’utilisation, un contrôle rigoureux de la qualité des véhicules et des batteries ainsi que le développement des services de maintenance et des filières de recyclage.
L’essor de la demande représente également une opportunité pour encourager l’assemblage local, attirer les investissements et favoriser le transfert de technologies. Le Maroc pourrait ainsi évoluer progressivement d’un marché importateur de véhicules entièrement assemblés vers une plateforme industrielle et de services dédiée à la mobilité électrique.

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