Les produits agricoles marocains continuent de renforcer leur présence dans les chaînes d’approvisionnement européennes. Le Royaume profite de sa proximité géographique et de la progression de ses capacités exportatrices, tandis que les importations en provenance du Maroc et de l’Égypte gagnent du terrain face aux produits latino-américains.
Peter van der Klift, responsable au sein de Logistic Business Partners (LBP), entreprise logistique basée à Rotterdam, observe une évolution marquée des sources d’approvisionnement européennes en fruits et légumes. Selon lui, le Maroc et l’Égypte ont consolidé leur position ces dernières années au détriment de plusieurs pays d’Amérique du Sud.
Après une période estivale traditionnellement calme, l’entreprise néerlandaise se prépare à un automne plus soutenu. Les arrivages de produits comme les myrtilles, les avocats et les mangues s’intensifient dans ses entrepôts frigorifiques de Maasdijk. La campagne reste toutefois entourée d’incertitudes liées aux aléas climatiques et à la conjoncture économique.
Le possible retour du phénomène El Niño suscite notamment des inquiétudes sur le marché de la myrtille. En Afrique du Sud, les professionnels anticipent également un démarrage de la saison des fruits à noyau avec trois à quatre semaines d’avance, en raison des températures élevées.
Malgré le développement des cultures locales en Europe, Peter van der Klift ne s’attend pas à une menace majeure pour les importations hivernales. Il relève néanmoins une recomposition progressive de la carte des fournisseurs, au bénéfice des pays proches du marché européen, notamment le Maroc et l’Égypte, et au détriment des origines plus lointaines d’Amérique du Sud.
Cette évolution confère aux exportations marocaines un avantage concurrentiel important. La proximité avec les ports et les marchés européens permet de raccourcir les délais d’acheminement, de mieux préserver la fraîcheur des produits et de réduire les coûts ainsi que les risques logistiques, particulièrement pour les fruits et légumes périssables.
Les exportateurs restent toutefois confrontés aux droits de douane, aux fluctuations des taux de change et aux tensions géopolitiques. Ces facteurs pèsent davantage sur les petits producteurs, tandis que les grandes entreprises disposent généralement d’une marge de manœuvre plus importante pour absorber les surcoûts et s’adapter aux variations du marché.
La progression des produits marocains en Europe s’accompagne également d’une demande accrue en matière de stockage frigorifique, de transport, de réexportation et de gestion logistique intégrée. Les producteurs des économies émergentes recherchent désormais des services couvrant l’ensemble de la chaîne, de l’exploitation agricole jusqu’aux grandes surfaces, en passant par la manutention et le fret maritime ou aérien.
Cette dynamique illustre la transformation du commerce européen des produits frais. La compétitivité ne repose plus uniquement sur les prix et les volumes, mais aussi sur la rapidité de livraison, la qualité, la régularité des approvisionnements et la capacité à résister aux perturbations climatiques. Autant d’atouts qui offrent au Maroc de nouvelles perspectives pour élargir ses parts de marché face aux fournisseurs traditionnels d’Amérique latine.

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