L’Espagne a réduit ses importations de fruits et légumes frais en provenance du Maroc durant les cinq premiers mois de 2026. La valeur de ses achats a toutefois sensiblement progressé, confirmant le poids économique des produits marocains sur le marché espagnol.
Entre janvier et mai, les importations espagnoles depuis le Royaume ont atteint 303.068 tonnes, en baisse de 6,1% par rapport à la même période de 2025. Leur valeur a, en revanche, augmenté de 6,7% pour s’établir à 890 millions d’euros, selon les données du Département espagnol des douanes et des impôts spéciaux, traitées par la Fédération espagnole des producteurs et exportateurs de fruits et légumes (FEPEX).
Cette évolution porte la valeur moyenne à l’importation à environ 2,94 euros le kilogramme, contre 2,58 euros un an auparavant, soit une hausse de près de 13,6%.
Cette moyenne ne correspond ni au prix versé aux producteurs marocains ni à celui payé par les consommateurs espagnols. Elle varie selon la nature des produits importés, les calendriers commerciaux, les catégories, la qualité et les conditions propres à chaque transaction. Elle montre néanmoins que l’Espagne a dépensé davantage pour un volume inférieur.
Le Maroc domine les importations en valeur
Le Maroc conserve sa place de premier fournisseur du marché espagnol en valeur. Les 890 millions d’euros enregistrés représentent près du tiers de la facture totale des importations espagnoles de fruits et légumes frais entre janvier et mai.
En volume, le Royaume occupe la deuxième position derrière la France. Cette dernière a livré 599.172 tonnes, en hausse de 9,1% sur un an, contre 303.068 tonnes pour le Maroc.
Les deux pays occupent ainsi des positions distinctes. La France domine en quantité, tandis que le Maroc arrive en tête en valeur. Le Royaume concentre également près de 46% du montant des achats espagnols effectués auprès de fournisseurs situés hors de l’Union européenne.
Les importations espagnoles continuent de progresser
Le recul des volumes en provenance du Maroc contraste avec l’évolution générale des importations espagnoles. Entre janvier et mai, l’Espagne a acheté à l’étranger 2,2 millions de tonnes de fruits et légumes frais, soit une hausse de 5,5%.
La valeur totale de ces achats a progressé de 3,5%, à 2,656 milliards d’euros. À l’échelle du marché espagnol, les volumes ont donc augmenté plus rapidement que les dépenses. Les échanges avec le Maroc ont suivi une tendance inverse: moins de marchandises importées, mais une facture nettement plus élevée.
La part des pays tiers continue également de se renforcer. Les fournisseurs extracommunautaires ont expédié 1,17 million de tonnes vers l’Espagne, en progression de 5,3%, pour une valeur de 1,932 milliard d’euros, en hausse de 6,9%.
Ces pays représentent désormais 53,2% des volumes et 72,7% de la valeur des importations espagnoles de fruits et légumes frais.
Les fournisseurs de l’Union européenne ont, pour leur part, livré 1,03 million de tonnes, soit une progression de 5,8%. La valeur de ces achats a toutefois reculé de 4,5%, à 725 millions d’euros.
Outre la France, les principaux fournisseurs européens ont été les Pays-Bas avec 125.322 tonnes, le Portugal avec 100.965 tonnes, l’Italie avec 83.962 tonnes et la Belgique avec 53.473 tonnes.
Des évolutions différentes selon les produits
La baisse globale des importations marocaines entre janvier et mai ne concerne pas toutes les filières. Les résultats varient selon les produits et les périodes prises en compte.
Le dernier bilan de campagne du ministère espagnol de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation consacré aux légumes de serre montre qu’entre septembre 2025 et mai 2026, l’Espagne a importé 205.777 tonnes de ces produits depuis le Maroc. Ce volume progresse de 6,4% par rapport à la campagne précédente.
Les importations de poivrons marocains ont augmenté de 18,8%, pour atteindre 102.951 tonnes. Celles de tomates ont progressé de 2,2%, à 77.614 tonnes. Les achats de concombres, de courgettes, d’aubergines et de haricots verts ont, en revanche, diminué.
Les produits et les périodes couverts par ce bilan diffèrent de ceux retenus dans les statistiques générales allant de janvier à mai. Cette comparaison confirme toutefois que le recul global résulte d’évolutions contrastées selon les calendriers et les catégories commerciales.
Le principal enseignement ne réside donc pas uniquement dans la diminution des volumes expédiés. Malgré ce repli, le Maroc conserve son leadership économique sur le marché espagnol et enregistre une forte hausse de la valeur moyenne de ses exportations.
