L’essor de la sardine aux USA ouvre des perspectives au Maroc

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La sardine en conserve connaît un engouement croissant aux États-Unis. Elle est désormais le deuxième poisson en boîte le plus consommé par les Américains, derrière le thon et devant le saumon.

 

Cette évolution ouvre de nouvelles perspectives commerciales au Maroc, qui dispose d’une industrie de transformation développée et figure parmi les principaux fournisseurs mondiaux de sardines.

Longtemps considéré comme un produit traditionnel, le poisson en conserve est devenu tendance dans les restaurants, les épiceries spécialisées et sur les réseaux sociaux. Son succès est particulièrement marqué auprès des jeunes consommateurs à la recherche d’aliments riches en protéines, pratiques et faciles à conserver.

Selon les données rapportées par le magazine «Fortune», les ventes américaines de poissons en conserve sont passées de 2,3 milliards de dollars en 2018 à plus de 2,7 milliards. Durant les douze derniers mois, les consommateurs américains ont dépensé 3,52 milliards de dollars pour l’ensemble des produits de la mer longue conservation.

La sardine profite pleinement de cette dynamique. Elle a dépassé le saumon pour devenir la deuxième espèce en conserve la plus populaire aux États-Unis, derrière le thon.

Les commandes en ligne confirment cette tendance. Le rapport 2025 de la plateforme «Grubhub» montre que les commandes de poissons en conserve ont triplé en un an. Les achats réalisés dans les épiceries par l’intermédiaire de la plateforme ont progressé de 209 %.

Cette évolution représente une opportunité importante pour les conserveries marocaines, compte tenu de leur capacité à transformer, conditionner et expédier leurs produits vers des marchés éloignés.

Les exportations de sardines transformées et mises en boîte peuvent se poursuivre, contrairement aux expéditions de sardines congelées, suspendues par le Maroc afin de préserver l’approvisionnement du marché national et des unités locales de transformation.

Cette orientation a permis aux conserveries implantées dans le Royaume de continuer à servir leurs clients étrangers malgré les restrictions imposées aux produits congelés. Elle a également conduit certains opérateurs internationaux à privilégier la transformation du poisson directement au Maroc avant l’exportation du produit fini.

L’augmentation de la demande américaine intervient toutefois au moment où la ressource nationale se raréfie. Les débarquements de sardines au Maroc auraient chuté de près de 46 % entre 2022 et 2024, passant d’environ 966.000 tonnes à près de 525.000 tonnes.

Cette baisse s’explique notamment par le réchauffement des eaux, qui pousse les bancs de sardines vers des zones plus fraîches. Les pêcheurs doivent ainsi s’éloigner davantage des côtes, ce qui allonge les sorties en mer et augmente la consommation de carburant ainsi que les coûts d’exploitation.

Le recul des captures avait conduit le Maroc à suspendre les exportations de sardines congelées à partir de février 2026, afin de donner la priorité au marché intérieur et à l’industrie nationale de transformation.

À la diminution de la ressource s’ajoute la hausse des coûts de la pêche, alimentée par le renchérissement de l’énergie lié aux tensions internationales. Cette pression intervient alors que les navires doivent parcourir des distances plus importantes pour atteindre les zones où se trouvent les bancs de sardines.

La structure des exportations marocaines a déjà profondément évolué. La sardine ne représentait plus que 23 % des exportations de petits pélagiques congelés en 2025, contre environ 70 % en 2020.

Le Maroc cherche parallèlement à favoriser les produits transformés, qui génèrent davantage de valeur ajoutée que le poisson exporté à l’état brut. Cette stratégie pourrait correspondre à l’évolution actuelle des habitudes de consommation aux États-Unis.

Les perspectives du marché mondial renforcent l’intérêt de ce positionnement. Évalué à environ 10,2 milliards de dollars en 2024, le marché du poisson en conserve pourrait approcher 18 milliards de dollars à l’horizon 2034.

Le Maroc se trouve ainsi face à une équation délicate. Le marché américain n’a jamais semblé aussi favorable à la sardine en conserve, mais cette opportunité apparaît au moment où les captures nationales diminuent fortement.

Pour les conserveries marocaines, le défi consistera à profiter de cette nouvelle demande et à renforcer la valeur ajoutée des exportations, tout en garantissant l’approvisionnement du marché intérieur et en évitant d’accentuer la pression sur une ressource devenue plus rare et plus vulnérable aux changements climatiques.

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