Les yaourts, barres, boissons et plats préparés mettant en avant leur teneur en protéines ne présentent pas nécessairement un meilleur profil nutritionnel. Une enquête menée par Foodwatch sur dix références commercialisées en France révèle des listes d’ingrédients souvent longues et la présence de nombreux marqueurs de l’ultra-transformation.
L’organisation a notamment identifié des amidons modifiés de maïs, de la gomme gellane, des carraghénanes, du sirop de glucose et des édulcorants intenses tels que l’acésulfame-K et le sucralose. Certains produits contiennent également des concentrats de protéines ainsi que des protéines hydrolysées, texturées ou isolées par des procédés industriels.
Selon «Foodwatch», la mention « riche en protéines », largement mise en avant sur les emballages, peut créer un effet de halo. Cette caractéristique perçue comme positive améliore l’image globale du produit et risque de détourner l’attention du consommateur de sa composition réelle, notamment de sa teneur en sucres, en édulcorants et en additifs.
Les protéines restent indispensables au bon fonctionnement de l’organisme, mais les besoins quotidiens de la majorité des adultes peuvent être couverts par une alimentation équilibrée et diversifiée. L’apport journalier de référence se situe généralement entre 0,8 et 1 gramme par kilogramme de poids corporel, soit entre 60 et 75 grammes pour une personne pesant 75 kilogrammes, selon son âge, son niveau d’activité physique et son état de santé.
Ces apports peuvent être assurés par des aliments courants comme les œufs, le poisson, le poulet, le lait et ses dérivés, ainsi que les lentilles, les pois chiches, les haricots secs, les amandes et les autres fruits à coque. Pour la plupart des consommateurs, le recours à des produits spécialement enrichis en protéines n’est donc pas indispensable, sauf besoin nutritionnel particulier.
Foodwatch réclame, aux côtés de «Yuka» et de «France Assos Santé», la mise en place d’un étiquetage obligatoire signalant l’ultra-transformation sur la face avant des emballages, en complément du Nutri-Score. Pour le consommateur, la lecture de la liste complète des ingrédients et du tableau nutritionnel demeure ainsi plus fiable que les seules promesses affichées en grands caractères sur l’emballage.

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