Omar Zine, président de «l’Association marocaine des industries des pâtes alimentaires et du couscous» (AMIPAC), rejette toute remise en cause générale de la qualité des pâtes marocaines après l’alerte sanitaire émise en Espagne.
Il estime que l’analyse du produit concerné doit également prendre en compte ses conditions de transport, de stockage et de conservation après sa sortie de l’usine.
Dans une déclaration à «Filaha Magazine», le responsable professionnel a expliqué que la qualité des pâtes ne dépend pas uniquement du processus de fabrication. Elle repose aussi sur le respect des conditions de transport, de stockage et d’exposition, notamment en matière de température, d’humidité, de propreté des locaux et d’intégrité des emballages.
Selon lui, toute défaillance au sein de cette chaîne peut modifier les caractéristiques d’un produit, indépendamment de la qualité des matières premières et de la rigueur des contrôles effectués dans l’unité industrielle. Il appelle ainsi à examiner les conditions dans lesquelles les pâtes ont été conservées et commercialisées en Espagne avant de mettre en cause l’industrie marocaine.

Une alerte ciblant les personnes allergiques
Cette réaction intervient après une alerte des autorités sanitaires espagnoles concernant des pâtes «Cheveux d’Ange» de marque marocaine. Des traces de moutarde auraient été détectées sans que cet allergène soit mentionné parmi les ingrédients figurant sur l’emballage.
Les autorités espagnoles ont précisé que l’avertissement concernait uniquement les personnes allergiques à la moutarde. La consommation du produit ne présenterait aucun risque pour le reste de la population.
L’alerte porte sur des paquets de 500 grammes appartenant au lot «L10/2025SHN», dont la date de durabilité minimale est fixée au 16 octobre 2027.
Des normes de fabrication strictes
Omar Zine affirme que les entreprises marocaines produisent leurs pâtes selon des normes strictes de qualité et de sécurité. Ces exigences couvrent toutes les étapes de fabrication, depuis la sélection des matières premières jusqu’au contrôle du produit fini, en passant par la transformation, le séchage et le conditionnement.
Une part importante de la production nationale repose, selon lui, sur du blé dur canadien, considéré comme l’un des meilleurs au monde. Ses qualités techniques et nutritionnelles permettraient d’obtenir des pâtes conservant mieux leur goût et leur texture.
Le président de l’AMIPAC a également défendu la durée de conservation, généralement fixée à deux ans. Celle-ci ne serait pas déterminée de manière arbitraire ou pour des considérations commerciales, mais sur la base d’études et de tests évaluant la capacité du produit à préserver ses qualités jusqu’à l’échéance indiquée, à condition que les règles de stockage soient respectées.
Une industrie marocaine compétitive
La modernisation des lignes de production et le renforcement des systèmes d’hygiène et de contrôle ont permis aux usines marocaines d’atteindre des niveaux comparables à ceux des unités européennes, voire de les dépasser sur certains aspects, assure Omar Zine.
Il estime que les pâtes marocaines ont acquis une solide réputation à l’international et affichent des indicateurs de qualité supérieurs à ceux de plusieurs produits européens, y compris italiens.
Le responsable professionnel replace enfin la médiatisation de l’alerte dans un contexte de concurrence commerciale. Il considère que certains milieux espagnols tendent à amplifier les incidents liés aux produits marocains lorsque la concurrence s’intensifie ou que les relations entre Rabat et Madrid traversent des tensions.
Il cite, à ce titre, les campagnes visant les tomates marocaines après leur progression sur le marché espagnol grâce à leur qualité et à leur compétitivité. Omar Zine appelle à traiter cette alerte sur la base de données techniques précises, sans en faire un procès général contre les produits marocains.
