PADIDZAR : 3,15 milliards de dirhams à l’épreuve du bilan

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Le Programme d’appui au développement inclusif et durable des zones agricoles et rurales, «PADIDZAR», arrivera à son terme en 2026, après cinq années de mise en œuvre dans sept régions du Royaume et un investissement global de près de 3,15 milliards de dirhams.

Le ministère de l’Agriculture s’apprête à lancer un appel d’offres international pour réaliser une évaluation finale approfondie du programme. La mission portera également sur l’élaboration d’une stratégie de sortie destinée à garantir la pérennité des projets après l’achèvement du financement accordé par la Banque africaine de développement.

Lancé en 2021 dans le cadre de la stratégie «Génération Green» et du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation, PADIDZAR vise à moderniser les systèmes de petite et moyenne hydraulique et à renforcer leur résilience face à la sécheresse et au changement climatique.

Le programme couvre sept régions, dont Drâa-Tafilalet et l’Oriental, ainsi que plusieurs territoires montagneux et oasiens. Sa mise en œuvre mobilise 24 agences d’exécution, comprenant 19 directions provinciales de l’Agriculture et cinq Offices régionaux de mise en valeur agricole.

Parmi ses principaux objectifs figurent la réhabilitation de 600 ouvrages hydrauliques, la sécurisation de l’irrigation sur 25.000 hectares et la préservation de 25 khettaras, considérées comme une composante majeure du patrimoine hydraulique traditionnel du Maroc.

La Banque africaine de développement finance environ 38 % du programme selon un mécanisme de financement axé sur les résultats. Sa mise en œuvre a toutefois coïncidé avec plusieurs années de sécheresse et une forte diminution des ressources hydriques. L’évaluation devra ainsi déterminer si les investissements réalisés sont suffisamment résilients face à l’aggravation du stress hydrique.

L’étude examinera en priorité l’évolution de l’efficacité de l’utilisation de l’eau, notamment après le remplacement des seguias et canaux ouverts par des équipements d’irrigation plus performants. Elle devra établir si les volumes économisés en amont des réseaux ont effectivement bénéficié aux exploitations situées en aval et si les nouvelles infrastructures ont contribué à protéger les cultures et à stabiliser la production.

La raréfaction des ressources soulève également la question de l’adéquation entre les infrastructures réalisées et les volumes d’eau réellement disponibles. Le défi ne se limite plus à moderniser les réseaux d’irrigation. Il consiste aussi à garantir une ressource suffisante pour les alimenter et à éviter que certains ouvrages disposent de capacités supérieures aux réserves mobilisables.

L’évaluation portera également sur les effets économiques et sociaux du programme pour les petits agriculteurs, les femmes, les jeunes et les coopératives. PADIDZAR prévoyait la création de 1,2 million de journées de travail supplémentaires et l’accompagnement de 400 jeunes dans leurs projets entrepreneuriaux.

La mission devra mesurer le niveau de réalisation de ces engagements et déterminer si la modernisation des périmètres irrigués a permis d’augmenter les revenus des ménages ruraux et d’améliorer leurs conditions de vie.

Elle analysera aussi l’implication des Associations d’usagers des eaux agricoles dans la gestion et l’entretien des ouvrages. L’étude s’intéressera notamment à l’impact du manque de compétences organisationnelles et numériques sur la capacité des agriculteurs à utiliser les équipements et les services mis à leur disposition.

La gouvernance constituera un autre axe central du bilan, en raison du nombre important d’intervenants. Le dispositif associe le comité national, les unités régionales, les directions provinciales de l’Agriculture, les Offices régionaux de mise en valeur agricole et l’Office national du conseil agricole.

L’évaluation mesurera la qualité de la coordination entre l’administration centrale et les organismes chargés de l’exécution dans les régions. Elle devra également recenser les obstacles administratifs et financiers ayant pu retarder certaines opérations ou limiter la rapidité de la réponse aux besoins exprimés sur le terrain.

La mission ne se limitera pas à dresser un bilan des réalisations. L’appel d’offres prévoit aussi l’élaboration d’une stratégie de sortie après la fin du soutien de la Banque africaine de développement. Celle-ci devra organiser le transfert des compétences, définir les modalités de financement de l’exploitation et de la maintenance, puis clarifier les responsabilités respectives de l’État, des collectivités territoriales, des organismes locaux et des bénéficiaires.

Le financement de l’entretien des ouvrages après l’arrêt du soutien extérieur représente l’un des principaux défis de l’après-PADIDZAR. La pérennité des investissements dépendra de ressources financières suffisantes, de mécanismes de gestion clairement établis et du renforcement des capacités des associations de bénéficiaires. Ces conditions seront indispensables pour éviter la dégradation ou l’arrêt des équipements faute de maintenance.

Les conclusions de l’évaluation devraient servir de référence à la préparation des futures politiques consacrées à l’eau, à l’irrigation et au développement rural au-delà de la stratégie «Génération Green». Elles permettront aussi d’apprécier l’efficacité du financement axé sur les résultats et de déterminer si ce modèle peut être étendu à d’autres projets ou s’il nécessite davantage de souplesse pour faire face à la sécheresse et aux changements climatiques.

Ce bilan final devra ainsi établir dans quelle mesure PADIDZAR a renforcé la résilience de la petite agriculture et sécurisé l’irrigation dans les zones vulnérables. Il permettra surtout de vérifier si les investissements publics engagés peuvent continuer à produire des effets durables après la fin du financement extérieur et de l’assistance technique qui l’accompagne.

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