Le Maroc a plus que doublé ses importations de maïs argentin au cours des sept premiers mois de 2026. Cette évolution traduit la volonté du Royaume de diversifier ses fournisseurs et de sécuriser les besoins du marché national, dans un contexte marqué par le recul des exportations ukrainiennes et les tensions persistantes sur le commerce mondial des céréales.
Entre janvier et juillet 2026, les achats marocains de maïs en provenance d’Argentine ont atteint 1,55 million de tonnes, en hausse de 133 % par rapport à la même période de l’année précédente. Le Maroc affiche ainsi la plus forte progression parmi les principaux importateurs nord-africains de cette céréale.
Cette hausse revêt une importance particulière pour le marché national, compte tenu du rôle central du maïs dans la fabrication des aliments pour animaux et dans l’alimentation des volailles et du cheptel. La régularité de son approvisionnement constitue dès lors un enjeu majeur pour préserver les chaînes de production animale et limiter les effets de la volatilité des marchés internationaux.
La progression de la demande marocaine s’inscrit dans une dynamique régionale plus large. Les exportations argentines de maïs vers l’Afrique du Nord ont augmenté de 45 % au cours de la même période, pour atteindre 6,5 millions de tonnes, tandis que les expéditions totales du pays ont progressé de 15 %.
L’intérêt croissant pour l’origine argentine s’explique notamment par les difficultés rencontrées par les exportations ukrainiennes. L’Ukraine figurait, ces dernières années, parmi les principaux fournisseurs de céréales des marchés nord-africains.
Les frappes russes contre les infrastructures d’exportation de la région d’Odessa ont réduit les capacités d’expédition à partir des ports maritimes. Le transport par le Danube a également été perturbé par la baisse du niveau des eaux, provoquée par la sécheresse et les vagues de chaleur enregistrées en Europe.
Ces contraintes ont entraîné un recul de 52 % des exportations ukrainiennes au cours du mois dernier. Plusieurs pays importateurs se sont ainsi tournés vers d’autres origines afin de garantir la continuité de leurs approvisionnements, renforçant la place de l’Argentine sur le marché mondial du maïs.
Les exportations argentines pourraient atteindre 10 millions de tonnes durant les seuls mois d’août et septembre 2026, contre environ 3 millions de tonnes habituellement sur cette période. Cette performance serait soutenue par l’abondance de la récolte, la vigueur de la demande internationale et la compétitivité des prix.
La baisse de l’offre brésilienne profite également aux exportateurs argentins. Les expéditions de maïs du Brésil ont diminué d’environ 20 % par rapport à leur niveau record de 53 millions de tonnes, parallèlement à la hausse de la consommation intérieure, notamment dans l’industrie de l’éthanol.
Avec 1,55 million de tonnes importées en sept mois, le Maroc s’impose comme le marché nord-africain affichant la croissance la plus rapide pour le maïs argentin en 2026. Cette réorientation illustre la stratégie du Royaume visant à élargir sa base de fournisseurs et à réduire les risques liés à la dépendance envers un nombre limité de marchés, dans un environnement international marqué par des perturbations géopolitiques et climatiques croissantes.

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