Gaz : les importations marocaines chutent de 20 %

Share
Share
Les importations marocaines de gaz ont reculé de 20,2 % en août 2026, aussi bien sur un mois que sur un an. Cette baisse intervient dans un contexte marqué par la hausse des prix du gaz naturel liquéfié (GNL) et la raréfaction des cargaisons proposées à des conditions compétitives sur les marchés internationaux.

Selon les données rapportées par la plateforme spécialisée « Attaqa », les importations du Royaume se sont établies à près de 791 gigawattheures en août, contre 991 gigawattheures en juillet 2026.

Sur une base annuelle, elles ont diminué dans les mêmes proportions, après avoir atteint environ 992 gigawattheures en août 2025.

D’après des sources citées par la plateforme, cette contraction s’explique principalement par le renchérissement du GNL, provoqué par la réduction de l’offre mondiale et les difficultés rencontrées par le Maroc pour obtenir des cargaisons à des prix avantageux.

Les flux gaziers à destination du Royaume ont commencé à ralentir à partir de la mi-août, s’éloignant de leur moyenne quotidienne habituelle, comprise entre 29 et 31 gigawattheures.

À partir du 18 août, le volume quotidien moyen est tombé à environ 21 gigawattheures, avant d’atteindre son niveau le plus bas du mois, soit 15 gigawattheures, les 27 et 28 août.

Durant les huit premiers mois de 2026, les importations marocaines de gaz ont totalisé près de 5,77 térawattheures, contre 6,73 térawattheures pendant la même période de 2025, soit une baisse annuelle de 14,2 %.

Les approvisionnements ont notamment été affectés par les perturbations des marchés énergétiques et du transport maritime international consécutives au déclenchement, en février 2026, de la guerre américano-israélienne contre l’Iran et aux tensions qui ont suivi dans la région du détroit d’Ormuz.

Les importations ont connu d’importantes fluctuations en mars et en avril, avant de bondir de 106,4 % en mai, selon les données de la Corporation espagnole des réserves stratégiques de produits pétroliers (CORES).

Avril a enregistré le niveau d’importation le plus faible depuis le début de l’année, tandis que juillet s’est classé en tête des mois pour le volume de gaz importé.

Le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable ne communique pas l’identité des pays fournisseurs. Il précise uniquement que le Maroc achète du gaz naturel liquéfié sur les marchés internationaux.

Selon « Attaqa », le Royaume s’approvisionne auprès de plusieurs sources, notamment les États-Unis et la Russie, en plus des volumes fournis par le groupe Shell dans le cadre d’un accord entré en vigueur en 2023.

Les cargaisons de GNL sont acheminées vers des terminaux espagnols pour y être regazéifiées. Le gaz est ensuite transporté en flux inversé vers le Maroc à travers le Gazoduc Maghreb-Europe, autrefois utilisé pour acheminer le gaz algérien vers l’Europe via le territoire marocain.

La crise du détroit d’Ormuz a également alourdi la facture énergétique de plusieurs pays africains importateurs de pétrole et de gaz, notamment l’Égypte, l’Afrique du Sud et le Maroc.

Selon les estimations du Centre for Research on Energy and Clean Air, 32 pays africains importateurs d’énergie ont supporté un surcoût global de 21,9 milliards de dollars entre mars et août 2026, représentant 6,6 % de la hausse enregistrée à l’échelle mondiale.

L’Égypte arrive en tête des pays africains les plus touchés, avec un surcoût de 5,2 milliards de dollars, devant l’Afrique du Sud, qui a supporté environ 3,5 milliards de dollars.

Le Maroc occupe la troisième place, avec une charge supplémentaire estimée à près de 2,2 milliards de dollars sur la même période, dont 1,8 milliard lié aux importations de diesel. Ces chiffres illustrent la forte exposition de la facture énergétique nationale aux fluctuations des prix et aux tensions géopolitiques mondiales.

Share

Laisser un Commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Articles

Coquillages : l’interdiction levée dans deux zones d’Agadir

Le ramassage et la commercialisation des coquillages sont de nouveau autorisés dans...

Viandes rouges : la flambée des prix fragilise ménages et bouchers

La viande rouge pèse de plus en plus lourd dans le panier...

«Sommet de l’Élevage 2026» place la durabilité au cœur des filières

La 35e édition du «Sommet de l’Élevage» réunira, du 6 au 9...

Coup d’envoi de la saison de chasse 2026-2027

L’Agence Nationale des Eaux et Forêts (ANEF), en partenariat avec la Fédération...