Une étude récente révèle que les habitudes alimentaires des Marocains associent une consommation importante de fruits, de légumes et d’aliments riches en fibres à une présence croissante des produits gras et des boissons sucrées. Une évolution qui témoigne d’une transformation progressive des comportements nutritionnels.
Publiée dans la revue scientifique «Frontiers in Nutrition», l’étude a été menée auprès de 1.035 adultes. Elle indique que 89,7% des participants déclarent consommer souvent ou toujours des fruits frais, contre 89% pour les légumes et 85,6% pour les aliments riches en fibres.
En parallèle, 76,6% des personnes interrogées affirment manger régulièrement des aliments riches en matières grasses, tandis que 49,1% déclarent consommer fréquemment des boissons sucrées.
Les chercheurs considèrent que ces résultats illustrent une phase de «transition nutritionnelle», durant laquelle les composantes du régime alimentaire traditionnel, fondé sur les fruits, les légumes et les fibres, coexistent avec de nouvelles habitudes caractérisées par une consommation accrue de graisses et de sucres.
L’étude relève également des différences liées au sexe, à l’âge et au milieu de résidence. Les hommes présentent ainsi une probabilité de consommation fréquente de boissons sucrées supérieure de 72% à celle des femmes.
Les personnes âgées de 25 ans et plus se montrent davantage disposées à réduire leur consommation de sucre. La résidence en milieu urbain est, en revanche, associée à une consommation plus fréquente d’aliments riches en matières grasses.
Près de la moitié des participants, soit 49,6%, déclarent avoir déjà suivi un régime alimentaire pour améliorer leur santé. Parmi eux, 34,7% ont expérimenté une alimentation sans sucre, tandis que 22,8% ont opté pour un régime hypocalorique.
Malgré l’intérêt croissant porté à une alimentation plus saine, l’utilisation des applications et outils numériques permettant de surveiller les repas ou de calculer les calories demeure limitée. Seuls 9,5% des participants affirment y avoir recours.
Les résultats montrent par ailleurs que 45,4% des personnes interrogées sont en surpoids et que 15,5% souffrent d’obésité. Au total, ces deux catégories représentent 60,9% de l’échantillon, soit plus de six participants sur dix.
Le surpoids et l’obésité sont davantage répandus parmi les personnes âgées de 25 à 64 ans que chez les jeunes de 18 à 24 ans.
Les auteurs recommandent de compléter ces conclusions par des études quantitatives plus larges et plus représentatives de la population. L’objectif est d’approfondir la compréhension des transformations alimentaires et de mieux orienter les programmes de prévention, notamment vers les jeunes et les catégories les plus exposées au surpoids et à l’obésité.

Laisser un Commentaire