Le Maroc mise sur les résidus d’olives pour produire de l’énergie

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Le Maroc s’impose parmi les destinations africaines prometteuses pour le développement de projets énergétiques fondés sur la biomasse. À Sidi Mokhtar, une expérience pilote valorise les résidus issus de l’oléiculture pour produire de la chaleur et du biochar, dans un contexte marqué par l’intérêt croissant pour la transformation des déchets agricoles et la réduction de la dépendance aux combustibles fossiles.

Selon un rapport relayé par la plateforme spécialisée «Attaqa», cette localité accueille une unité pilote intégrée au projet «REFFECT Africa», qui associe les enjeux de l’énergie, de l’eau et de l’alimentation grâce à la gazéification de la biomasse.

L’installation utilise des noyaux et des grignons d’olive ainsi que des résidus de taille. Elle dispose d’une puissance thermique de 120 kilowatts et peut produire entre 110 et 120 tonnes de biochar par an, destinées notamment à des usages agricoles et à l’amélioration de la qualité des sols.

Cette expérience illustre le potentiel des résidus agricoles comme source d’énergie et de produits à valeur ajoutée. Elle vise à substituer la biomasse aux combustibles fossiles dans les usages concernés, tout en réduisant l’empreinte carbone. Le rapport classe ainsi le Maroc, aux côtés de l’Égypte et de l’Afrique du Sud, parmi les pays africains les mieux positionnés pour accueillir de nouveaux projets dans ce domaine.

La biomasse regroupe différentes matières organiques, notamment le bois, les déchets agricoles, le fumier et les résidus organiques. Ces ressources peuvent être transformées en combustibles destinés à produire de l’électricité ou de la chaleur, selon des procédés adaptés à leur nature et aux usages recherchés.

L’initiative marocaine intervient alors que le marché mondial de la production électrique à partir de biomasse devrait connaître une forte expansion. D’après les données de Mordor Intelligence citées dans le rapport, sa valeur devrait passer de 121,67 milliards de dollars en 2025 à 127,75 milliards en 2026, avant d’atteindre 171,02 milliards de dollars à l’horizon 2031. Le taux de croissance annuel moyen est estimé à 6 % entre 2026 et 2031.

Cette progression serait portée par la valorisation croissante des déchets agricoles et industriels ainsi que par la recherche de sources renouvelables capables de contribuer à la stabilité des réseaux électriques. La biomasse solide représentait 67,5 % du marché en 2025, tandis que le biogaz devrait enregistrer une croissance annuelle de 9,3 % jusqu’en 2031, grâce notamment à l’exploitation des déchets municipaux et agricoles.

Les petites centrales d’une capacité comprise entre 1 et 10 mégawatts offrent également des perspectives importantes, avec une croissance annuelle attendue de 7,5 %. Ce modèle permet de valoriser les ressources organiques disponibles localement tout en répondant aux besoins énergétiques à proximité des zones de production.

À l’échelle africaine, la centrale Biovéa, en Côte d’Ivoire, est entrée en exploitation commerciale en juillet 2026. D’une puissance de 46 mégawatts, elle devrait produire 348 millions de kilowattheures par an, confirmant la progression de la biomasse dans le mix énergétique du continent.

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