Viandes rouges : la flambée des prix fragilise ménages et bouchers

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La viande rouge pèse de plus en plus lourd dans le panier des ménages marocains. Dans les grandes villes, les prix dépassent désormais 150 dirhams le kilogramme, tandis que la viande ovine approche les 200 dirhams, avec des écarts selon les points de vente et la qualité des morceaux. Ces niveaux accentuent la pression sur des budgets familiaux déjà sollicités par les dépenses alimentaires, le transport, l’éducation et le logement.

Face à cette cherté, les consommateurs adaptent leurs achats. Dans les quartiers populaires, certains ménages réduisent les quantités, privilégient les morceaux les plus abordables ou espacent leurs passages chez le boucher. Pour les familles aux revenus modestes et moyens, la viande devient une dépense plus difficile à concilier avec les autres besoins essentiels.

Ces arbitrages modifient progressivement les habitudes alimentaires. La consommation de viande rouge perd en régularité, tandis que les portions diminuent.

Au-delà du prix affiché à l’étal, c’est l’accessibilité de cet aliment qui se trouve fragilisée pour une partie des consommateurs.

La hausse ne profite pas pour autant aux professionnels. Confrontés au renchérissement du bétail et des approvisionnements, les bouchers doivent composer avec une clientèle qui achète moins.

L’augmentation du prix au kilogramme s’accompagne ainsi d’un recul des volumes écoulés et d’une pression sur les marges. Entre coûts d’achat élevés et pouvoir d’achat affaibli, leur activité subit les tensions qui traversent l’ensemble de la filière.

Les acteurs du marché évoquent plusieurs facteurs pour expliquer cette situation : contraction de l’offre nationale, coût de l’alimentation animale, charges d’élevage, renchérissement du bétail sur pied et hausse des frais de transport et de distribution.

Ces coûts se cumulent au fil de la chaîne et contribuent au niveau des prix supportés par le consommateur.

Dans ces conditions, le seul suivi des tarifs de détail ne suffit pas à appréhender les ressorts de la hausse. Les tensions concernent aussi bien la production que l’approvisionnement et la commercialisation.

L’enjeu est donc double : préserver l’accès des ménages à la viande rouge et maintenir la viabilité économique des professionnels de la filière.

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